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Grève nationale chez les Rabbins

Le syndicat rabbinique Bli Néder a déposé un préavis de grève illimité à partir du 2 février prochain.

Le rabbin Georges Samak, secrétaire général de Bli Néder, raconte : « la communauté que nous dirigeons réclame toujours plus d’investissement, de présence, d’écoute et notre hiérarchie, au lieu de nous soutenir, nous demande d’être toujours plus disponible pour elle. Ce n’est plus vivable ! A ce rythme là, dans 5 ans, on aura une autorisation pour répondre à nos portables chabbat afin de ne pas couper le lien… Après réflexion, c’est à se demander si ce n’est pas notre communauté qui nous dirige ! »

Le syndicat Bli Néder vote une grève illimitée

Le Rabbin Samak lors de la dernière réunion du syndicat Bli Néder

La principale revendication concerne les horaires de travail. Monsieur Samak explique : « être rabbin, c’est plus qu’un métier, c’est un sacerdoce.  Tous les matins, nous devons nous lever aux aurores pour la prière, puis nous devons préparer les cours, enseigner, assister aux offices de l’après-midi et du soir et encore enseigner… Les 35 heures ? On connait pas… Le week-end ? Laissez-moi rire… Je ne sais même pas ce que c’est !
Le samedi, c’est notre plus grosse journée : prières, cours, prière, cours, prière etc. Un comble pour un juif religieux de bosser le chabbat ! Et le dimanche ? Après la prière et le Talmud Torah pour les enfants, c’est le jour de toutes les activités communautaires auxquelles nous devons assister : conférences, galas, fêtes communautaires, bar mitsva, mariage ! L’horreur ! Nous avons choisi le métier de Rabbin pour pouvoir pratiquer un judaïsme pur sans confrontation avec la vie civile, mais au final, c’est encore pire de travailler pour des juifs ! Comme me disait un ami, pour réussir ta carrière : prie avec des juifs et travaille avec des goyim ! Mais pour nous, la prière fait parti du boulot… Ah ! Si au moins nous avions un remplaçant qui assurerait le weekend.
Et puis, tout ça retentit sur notre vie quotidienne : ma femme, une sainte, je ne la vois jamais (et je me demande même comment on a fait pour avoir 6 gosses). Et mes enfants, encore moins. Remarquez, quand ils étaient petits, j’étais bien content d’avoir l’excuse de la prière pour m’absenter au moment du bain, du coucher ou quand il fallait les préparer et les emmener à l’école… Mais là, ma femme m’apprend que mon aîné va être bar-mitsva dans 10 jours ! Il doit lire la paracha et je n’ai même pas encore eu le temps de la lui enseigner ! Le fils du Rabbin qui va ânonner comme un débutant… La honte !  »

Autre revendication, le salaire. « Si nous étions payés en conséquence, on râlerait moins… Je peux vous dire que quand on me parle d’heures supplémentaires, je rigole doucement… Si j’avais su, j’aurais pris l’option business et kabbale au séminaire. J’aurais monté un cabinet de guérisseur, vendu des segoulot sur Internet et je me serai fait une barbe en or ! Mais bon, que voulez-vous, quand on est jeune, on est idéaliste. Après, on se syndicalise ! »

Prenant un ton martial, Monsieur Samak poursuit : « en tout cas, le 2 février, on va prouver à notre hiérarchie que nous n’allons pas continuer à nous faire exploiter de la sorte ! Nous ne sommes pas des moutons que l’on emmène bêtement à la ch’rita… Ah ça oui, il y aura toujours les planqués qui font comme si de rien n’était : ceux qui sont rabbin à Hawaï ou aux Baléares ! On les voyait, au séminaire, ces vendus, à mettre plus que le maasser directement dans la tsedaka personnelle du directeur ! »

« Nous, à Bli Néder, on va pas se laisser spolier ! Le 2 février, bli néder, il n’y aura ni cours, ni office, ni rien du tout dans toutes les synagogues consistoriales. Et si vous me cherchez, et bien, je serai dans mon lit en train de découvrir le mot grasse matinée. Grève à durée illimitée ! Mais voilà, encore une fois, ce mouvement n’aura aucune conséquence… Tout ça à cause de ces fichus casseurs de grève de Loubavitch… Ces types qui débarquent en famille avec 2 valises dans un trou paumé et qui vous sapent 10 ans de combat social en 3 jours ! »

Et Monsieur Samak conclue dans un soupir : « vraiment… Rabbin… c’est pas un métier pour un juif… »

Oyshkenaze

Crédit photo : chiourim

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A propos de Oy Shkenaze

Après avoir exercé plusieurs métiers alternant succès et célébrité, Oyshkenaze est revenu à son domaine de prédilection, le journalisme de terrain. Cette passion le poursuit depuis toujours puisqu'en primaire déjà, il était le rédacteur en chef du journal de son école. Sa mère confirme : "Les appréciations de ses professeurs sur ses rédactions et son 11/20 à l'écrit du baccalauréat de français présageaient déjà de la brillante carrière qu'il mène aujourd’hui à Actualités Feuj"

3 commentaires

  1. vous croyez que 11/20 au baccalauréat est une excellente note au bac de Français ? Soyez donc modeste avec ce résultat là.

    • Quoi ? 11, ce n’est pas une bonne note ? J’avais déjà peu foi en mes capacités. Vous venez de détruire les dernières marques de l’estime que je me portais.
      Dépressivement vôtre…

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